Les députés sont élus pour mener à bien les affaires du pays, que ce soit en tant que membres du pouvoir exécutif du gouvernement à titre de ministres, en tant que députés d’arrière-ban dans le parti au pouvoir ou en tant que membres de l’opposition. Peu importe leurs responsabilités spécifiques, tous les députés ont un rôle dans la « gouvernance », ce qui demande beaucoup plus que de simplement adopter des lois. Gouverner implique diverses tâches, que ce soit exécuter efficacement des programmes et des services, mettre en œuvre des politiques et des approches qui favorisent notre sécurité économique et nationale, et s’assurer que les personnes chargées de diriger incarnent les valeurs d’honnêteté et d’intégrité auxquelles les Canadiens s’attendent. Toute tentative de caractériser la remise en question, la contestation ou l’examen de ces éléments critiques en tant que « partisane » ou de « petite politique » doit être rejetée avec force. À la place, il faudrait remplacer ces épithètes par « c’est une question raisonnable… pourquoi le gouvernement ne donne-t-il pas de réponse? ».

Au cœur de cette pandémie, un nombre de questions raisonnables demeure en suspens, ce qui met en évidence l’incapacité du gouvernement à donner des réponses.

Réponse à la COVID-19

Le Canada est bien loin derrière les États-Unis et le Royaume-Uni pour ce qui est de la vaccination complète de notre population. De plus, les fabricants de vaccins ont prescrit trois semaines entre la première et la deuxième doses, mais le Canada a autorisé un délai de quatre mois entre les deux doses sans aucune donnée scientifique probante à l’appui, le seul pays dans cette situation. Voici des questions légitimes : Pourquoi le Canada n’a-t-il pas été en mesure d’obtenir le même niveau de doses de vaccins que nos pairs au cours de la même période? Comment le gouvernement peut-il savoir que les Canadiens ne subiront pas d’effets nuisibles en raison du délai supérieur à trois semaines entre l’administration des doses du vaccin?

Relance économique après la COVID-19

Les Canadiens n’ont qu’à regarder du côté de notre voisin au sud pour voir que sur le plan économique, nous n’arrivons pas à suivre nos pairs. Aux États-Unis, les déplacements aériens sont déjà à un niveau record et l’ouverture généralisée des restaurants et entreprises a été autorisée, tout comme les grands événements et rassemblements. Le gouvernement américain a fourni un plan clair et des lignes directrices qui indiquent comment, quand, et dans quelles conditions le pays rouvrira. Le gouvernement canadien n’a rien fait de cela. Chaque minute de retard que prend le Canada par rapport aux États-Unis dans la réouverture aura des effets graves et de longue durée sur la relance de notre économie. Voici les questions légitimes auxquelles le gouvernement n’a pas répondu : Quel est le plan de réouverture du Canada? À quel moment et dans quelles conditions le Canada rouvrira-t-il la frontière avec les États-Unis et aux autres pays?

Aucune imputabilité pour abus de pouvoir

Sous le gouvernement actuel, des incidents d’abus d’autorité sans restrictions aux plus hauts niveaux ont été signalés. Des allégations d’inconduite grave dans les plus hauts échelons des Forces armées canadiennes ont été signalées au ministre, au chef de cabinet du premier ministre et à un greffier du Conseil privé, mais ces derniers n’ont rien fait pour les résoudre et ils n’ont pas été tenus responsables de leur inaction. Un environnement de travail toxique au bureau de la gouverneure générale a mené à sa démission soudaine, mais nous n’avons toujours aucune réponse sur la manière dont cela s’est passé. Il y a eu des enquêtes et des infractions en matière d’éthique de la part du premier ministre et d’un certain nombre de ses ministres entourant WE Charity et l’Aga Khan, sans aucune conséquence sérieuse. Une ministre, Jody Wilson Raybould, a été renvoyée pour s’être tenue debout dans l’affaire SNC Lavalin, alors que ceux qui l’ont soumis à des pressions illégales pour qu’elle enfreigne la loi n’ont pas été tenus responsables. Il ne s’agit là que de quelques exemples.

Chacun de ces incidents en soi est grave et ils auraient dû être traités avec fermeté, mais pris ensemble, ils représentent une succession de comportements qui ne doivent pas être ignorés. À la base, ils constituent tous un abus d’autorité non réprimé aux plus hauts niveaux. Les ministres, les personnes nommées par le gouverneur en conseil et les hauts fonctionnaires se font confier tous les aspects liés au fonctionnement de notre pays. S’ils échouent à s’acquitter de cette tâche honorablement, les valeurs de chaque Canadien sont à risque. Questions légitimes : Pourquoi personne n’a-t-il été tenu responsable dans aucun de ces cas, et si ce sont les cas dont nous avons connaissance, qu’ignorons-nous? Combien d’autres ministres et hauts fonctionnaires abusent-ils de leur pouvoir, sans aucune restriction?

Ce sont des questions sérieuses qui touchent directement la manière dont notre pays fonctionne et ce que nous défendons comme nation. La tentative du gouvernement de réduire la gravité de ces questions en les caractérisant de petite politique partisane, plutôt que de fournir des réponses exhaustives, est une abrogation de sa responsabilité sacrée de gouverner.